Sayyed Hassan Nasrallah.. Comment a été façonnée la personnalité du leader exceptionnel
Dans l’histoire des nations, et au fil des décennies, émergent des leaders exceptionnels, capables d’immortaliser leurs noms dans les pages de l’histoire pour les générations à venir. En ce contexte, il ne fait aucun doute – de l’aveu même de ses partisans comme de ses adversaires – que le martyr Sayyed Hassan Nasrallah fut un leader presque sans égal dans notre histoire moderne.
En cherchant comment ce grand leader s’est élevé au premier rang des figures uniques et immortelles, qui ont marqué de leur empreinte la carte du monde, au point que son visage et son nom soient connus aux confins de la terre et associés au soutien des opprimés, aux idées de résistance, de libération et de leadership, une question se pose : comment cette personnalité s’est-elle formée ? Les grands leaders, comme Sayyed Hassan, naissent-ils ou sont-ils faits ?
« La théorie du grand homme dans le leadership »
Cette question avait été posée au XIXe siècle, et il y fut répondu par la théorie du « Great Man Theory of Leadership », ou « théorie du grand homme dans le leadership », qui suppose que la capacité de commander est un « trait inné » : « soit l’on est un leader par nature, soit on ne l’est pas ».
Mais après les critiques et les amendements modernes qui lui ont été apportés, et en combinaison avec la « théorie situationnelle », il a été établi que les grandes crises – telles que les guerres, les catastrophes économiques ou les révolutions – sont ce qui fait appel à ces leaders et les révèle au grand jour. Autrement dit, les circonstances difficiles placent les individus devant des choix inévitables, et la personne qui possède la préparation psychologique se trouve contrainte de prendre la décision et d’assumer la responsabilité lorsque les autres reculent, ce qui la hisse automatiquement au poste de direction.
À cette théorie s’ajoute une autre, appelée « Transformational Leadership » – ou théorie du leadership transformationnel -, qui affirme que les époques marquées par des troubles, un recul de la productivité ou l’absence de vision sont le « terreau fertile » de l’apparition du leader transformationnel, capable de motiver et d’inspirer ses partisans pour obtenir des résultats extraordinaires dans des temps de changement radical ; le besoin pressant des peuples d’espoir et de direction, dans des circonstances ambiguës, pousse certains individus à posséder une « vision » et à sauver la situation, ce qui les transforme en « leaders inspirants ».
Lecture dans la vie de Sayyed
Cette introduction aux théories sur la formation des leaders nous conduit à une compréhension plus profonde de l’être de Sayyed Hassan, de la nature de sa personnalité et de son esprit. Il s’agit d’un mélange d’une âme née avec des dispositions et des traits de leadership, renforcés par les circonstances environnantes de la région, contemporaines de son émergence, qui ont contribué à le former et à le façonner comme un leader grand et exceptionnel pour une large frange de la société au Liban, dans la région et dans le monde, pendant trois décennies, à travers des étapes allant de son enfance et de son éducation jusqu’à son ascension comme chef d’un parti militaire et politique actif et influent localement, régionalement et internationalement.
L’esprit de Sayyed Nasrallah ne s’est pas formé dans la hawza seule, mais à l’intersection de plusieurs étapes : son milieu social, son influence par l’école de l’imam Musa Sadr, sa rencontre avec Sayyed Abbas al-Musawi, puis les années où il a assumé la décision sous la pression de l’occupation, de la guerre et de la politique libanaise.
1. Une enfance dans les quartiers de Beyrouth
Le commencement fut l’enfance. Sayyed Hassan est né dans les années 1960 dans le quartier de Karantina, l’un des plus pauvres des faubourgs de Beyrouth à l’époque, qui réunissait un mélange social et confessionnel diversifié de pauvres, d’ouvriers et de migrants.
Il était l’aîné de neuf enfants – trois garçons et cinq filles – de son père Sayyed Abdel Karim Nasrallah, qui travaillait dans le commerce des légumes et des fruits, avant d’ouvrir une petite épicerie.
Dans le quartier de Charchabouk, à Karantina, Sayyed a grandi dans un milieu populaire pauvre et divers, au sein de la classe ouvrière, élevé dans l’ouverture et l’acceptation de la diversité des confessions – sunnites, chrétiens, Kurdes – dans l’environnement libanais, ce qui l’a rapproché très tôt du langage du peuple, et non seulement de celui de l’élite.
2. La passion de la lecture
Durant cette période, et dans son récit de son enfance, Sayyed Hassan dit qu’il lisait tout ce qui lui tombait sous la main, en particulier les livres islamiques. Si un livre lui paraissait difficile, il le mettait de côté pour y revenir lorsqu’il serait plus grand et posséderait les outils pour le comprendre. Jusqu’à la maturation de sa personnalité, la lecture est restée son passe-temps favori, raconte son fils Sayyed Jawad.
Il dit : « Je n’ai trouvé personne de plus rapide que mon père dans ce passe-temps. Sayyed lit, comprend et mémorise du premier coup. » Il semble que Son Éminence soit proche de la technique du scanning and skimming, une lecture fondée sur les techniques de mouvement rapide des yeux et des mots-clés pour parcourir rapidement un texte, c’est-à-dire une lecture rapide permettant d’obtenir une vue d’ensemble du sujet. Sayyed saute toutes les étapes et peut, par une lecture initiale, détailler le livre.
Quant au type de livres, « il n’y en a pas de précis. À chaque période, Son Éminence choisit un type particulier ; par exemple, après l’an 2000, il a entrepris de lire tout ce qui concerne l’imam Ali ». Il possède « une capacité de mémorisation prodigieuse ».
Malgré ses études à la hawza de Najaf, puis à Baalbek et à Qom, ses lectures ne sont pas restées limitées au patrimoine religieux. Il lisait beaucoup, en particulier les biographies des hommes politiques et leurs expériences, et s’intéressait à la manière dont les leaders se forment, pensent et prennent leurs décisions sous pression. Il suivait en outre les journaux israéliens, les mémoires des dirigeants et des officiers, les rapports de « l’armée » et les discussions des centres d’études ; il voulait connaître « Israël » de l’intérieur : son image de elle-même, les peurs de sa société, les points faibles de son armée et les divergences qui contrôlent sa décision politique et militaire.
On peut ainsi dessiner la carte de sa bibliothèque intellectuelle : le Coran et la Sîra pour fixer l’orientation, la jurisprudence et les fondements pour bâtir la méthode, l’histoire pour découvrir les schémas récurrents, les biographies des leaders pour comprendre la fabrication de la décision, les livres de l’ennemi pour entrer dans son esprit, et le roman politique pour comprendre les êtres humains, les groupes et les révolutions. C’est pourquoi sa culture n’était pas ostentatoire, mais fonctionnelle : il cherchait dans chaque livre quelque chose à introduire dans le processus de compréhension et de prise de décision, et il en tirait un discours que les gens comprenaient.
3. La rencontre avec Sayyed Musa Sadr
Outre la lecture, il y avait des figures inspirantes qui ont influencé la construction de sa personnalité durant son enfance et sa jeunesse, parmi lesquelles l’imam Sayyed Musa Sadr.
Sayyed Hassan raconte que sa relation avec Sayyed Musa a commencé durant sa petite enfance, à Karantina, où une photo de l’imam Musa Sadr était accrochée au mur de la boutique de son père. Il s’y rendait et s’asseyait pour contempler longuement cette photo. Il a déclaré ressentir une fascination et une admiration profondes pour cette personnalité.
L’influence de Sayyed Musa fut fondatrice pour Sayyed Hassan. Dans l’un de ses discours en 2017, il dit que l’imam Musa Sadr est « notre imam, notre leader et le fondateur du mouvement de résistance » ; c’est lui qui « a lancé en nous le mouvement de la résistance, l’esprit de la résistance et la culture de la résistance, qui a consacré dans notre culture la cause de Jérusalem et de la mosquée Al-Aqsa, l’imam de la coexistence et du vivre-ensemble, l’imam du dépassement des sensibilités et des calculs personnels, confessionnels, sectaires et partisans, l’imam de la vérité, de la fidélité et de la sincérité envers la patrie, les sanctuaires et la communauté ».
On retrouve ici les concepts transmis par les deux Sayyed au fil des générations : « la religion n’est pas un isolement par rapport à la société ; la foi est liée à la dignité des déshérités ; le clerc peut être un leader social et politique ; la communauté ne se relève pas par la seule prédication, mais par l’organisation, les institutions et la présence publique ».
4. La guerre civile : une conscience précoce de la fragilité de l’État
Vient ensuite la période du déplacement de Beyrouth vers Bazouriya en 1975, lorsque la famille de Sayyed Hassan retourna dans sa ville d’origine, dans le sud du Liban, au début de la guerre civile. Cela lui fit découvrir, alors qu’il était jeune, que l’État pouvait reculer, que les groupes étaient abandonnés à leur sort, et que l’identité au Liban n’était pas une idée théorique, mais une question de sécurité, d’existence et d’organisation.
Au milieu des années 1970, le village était un bastion du Parti communiste libanais, et son atmosphère politique chargée contribua à la formation de la conscience politique de Sayyed Hassan. Il organisa les jeunes religieux du village au sein d’un groupe d’étude dans la bibliothèque islamique locale. Il rejoignit également les « Régiments de la résistance libanaise » fondés par l’imam Musa Sadr, et fut nommé, alors qu’il était encore au lycée et âgé de 15 ans, responsable organisationnel du mouvement dans la localité de Bazouriya.
5. Najaf et la rencontre avec Sayyed Abbas al-Musawi
Vers l’âge de seize ans, Sayyed Hassan se rendit à Najaf avec des moyens matériels extrêmement limités. Là, Sayyed Abbas al-Musawi l’accueillit avec une grande bienveillance et prit soin de lui comme d’un frère cadet : il lui assura le logement, les livres et l’étude, et supervisa lui-même son enseignement et sa prise en charge. C’est ainsi que commença une relation qui se transforma en lien fraternel et spirituel, poursuivi jusqu’au martyre de Sayyed al-Musawi.
À propos de l’affection de Sayyed Abbas, Sayyed Hassan dit dans l’un de ses entretiens : « Il est pour moi celui qui m’a guidé vers le chemin que j’ai suivi depuis cet instant jusqu’à aujourd’hui. Il est le professeur, celui qui nous a éduqués. La relation qui le liait à ses étudiants était différente : il nous traitait comme ses enfants dans l’enseignement, la fourniture des professeurs et l’organisation des examens… Nous avions peur de lui le jour de l’examen, mais en même temps il s’intéressait à notre vie, nous rendait visite la nuit, comme un père avec ses enfants. »
Sayyed Nasrallah mentionne dans plusieurs entretiens que Sayyed Abbas se distinguait par « une haute moralité, une profonde humilité et le dépassement des ambitions de pouvoir et de direction ». Il le considère comme le modèle et l’exemple suprême dans le travail de terrain et social. Ainsi, la connaissance par Sayyed Hassan de Sayyed Abbas lui présenta le modèle du savant qui réunit l’étude, l’organisation, le travail sur le terrain, dans les camps, sur les lignes de front et parmi les gens.
Légende : Photo rare réunissant Sayyed Muhammad Hussein Fadlallah, Sayyed Abbas al-Musawi et Sayyed Hassan Nasrallah lors de la commémoration de la disparition de Sayyed Musa Sadr, dans la mosquée de Bir al-Abed.
6. L’invasion israélienne et la fondation du Hezbollah
Cette proximité ouvrit la voie à la première expérience de fondation du Hezbollah, au lendemain de l’invasion israélienne du Liban en 1982.
L’année 1982 constitua le grand tournant. La question n’était plus : que dit la pensée islamique de l’occupation ? Mais : comment faire sortir réellement l’occupation ?
Ainsi, Sayyed Hassan Nasrallah fut l’un des jeunes éléments actifs qui participèrent aux réunions de la Bekaa et à la construction du premier noyau de ce qui fut plus tard connu sous le nom de Hezbollah, en 1982, en tant que moudjahid sous la bannière de Sayyed Abbas. L’option de la « résistance armée » fut alors adoptée comme stratégie fondamentale pour affronter « Israël ».
L’invasion israélienne renforça chez Sayyed Nasrallah le concept de « résistance globale » et développa chez lui la vision politique qui voit dans l’existence d’« Israël » un danger stratégique permanent, ne se limitant pas à la Palestine, mais englobant le Liban et la région.
7. Le leadership organisationnel
Dans le cadre de cette confrontation, Sayyed Nasrallah s’engagea dans le travail de terrain et de mobilisation dans la Bekaa et au Sud. Cette période aiguisa ses compétences exécutives et oratoires pour galvaniser les jeunes et s’engager dans l’organisation d’opérations contre les forces d’occupation israéliennes.
Après l’assassinat de Sayyed Abbas al-Musawi, Sayyed Hassan fut choisi comme son successeur au secrétariat général du Hezbollah en 1992. Son nom commença alors à émerger parmi les gens, non seulement comme homme religieux, prédicateur et acteur social, mais aussi comme leader politique et militaire, dans une époque qui fut la plus longue et la plus influente de l’histoire du parti et de la scène libanaise et régionale, s’étendant sur environ 32 ans, avec des étapes stratégiques marquantes.
Il dirigea durant cette période des confrontations militaires décisives contre les forces israéliennes, notamment la guerre des « Sept Jours » (1993) et la guerre des « Grappes de colère » (1996), qui aboutirent à « l’Entente d’avril », garantissant la neutralisation des civils.
Cette période engloba aussi le retrait israélien de l’an 2000, couronné par le retrait de « l’armée » d’occupation israélienne de la majeure partie des territoires libanais occupés en mai 2000, à l’exception des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba. Cet événement consacra Sayyed Nasrallah comme symbole de leadership de premier plan à l’échelle du monde arabe et islamique.
Alors que les actions de la résistance et ses opérations de libération de l’occupation étaient qualifiées de « folie », elles furent consacrées, sous la direction de Sayyed, comme un exemple à suivre pour affronter l’occupation et la repousser. Le parti devint une organisation militaire dotée de capacités capables d’imposer des équations de dissuasion, parallèlement à sa participation à l’action politique et à la fondation d’institutions sociales pour soutenir son milieu.
Depuis lors, en passant par l’annonce de son engagement dans la guerre contre les takfiristes en Syrie en 2013, par la délimitation de la frontière maritime en 2022, jusqu’à l’annonce du front de soutien à Gaza et la fin de l’ère en 2023, après le 7 octobre, Sayyed Hassan menait les batailles avec un esprit stratégique et militaire, définissant avec précision l’ennemi, le mouvement de la confrontation, et prenant la décision en défense du droit, de la terre, de l’honneur et de l’être humain.
8. Une présence exceptionnelle et une constance doctrinale
Durant toute cette période, son esprit politique fut unique et remarquable : ses ancrages doctrinaux généraux restaient constants, tandis qu’il faisait preuve d’une flexibilité claire dans les moyens et les tactiques selon les exigences de l’étape et des circonstances. Cela fit de lui une source fiable d’informations, d’analyse et de compréhension de ce qui se passe dans la région, auprès de ses adversaires avant même son public.
Le leadership de Sayyed Nasrallah fut caractérisé, selon le site didpress, par « la sagesse intellectuelle et stratégique ». Contrairement à certains leaders charismatiques qui tendent à prendre des décisions émotionnelles, son action reposait sur des calculs rationnels et une évaluation précise de la réalité.
Le site affirme que « nombre des victoires de la résistance – de la guerre de 2006 jusqu’à l’équation de dissuasion avec Israël – sont nées de cette vision sage ». Il « réussit à concilier l’idéalisme religieux et le réalisme politique, ce qui fit de lui un leader stratégique dans le monde islamique ».
De même, sa possession du charisme dans les discours, de l’éloquence dans le propos, de la clarté dans la définition de l’ennemi et de la confrontation avec audace, ainsi que dans la définition de l’ami et de l’allié, et son adresse au public sur tous les sujets contribuant à bâtir une société instruite, consciente et résistante – discours religieux, culturels, politiques et militaires – firent de lui une personnalité attendue par le petit avant le grand, pour l’écouter et puiser dans son savoir, son esprit et sa compréhension.
Sayyed Nasrallah.. un leader depuis le plus jeune âge
Revenons au point de départ : les grands leaders naissent-ils ou sont-ils faits ?
Dans une étude publiée sous le titre « The Political Psychology of Sayyed Hassan Nasrallah’s Leadership as an Agent of the New Islamic Civilization », on constate que la psychologie du leadership politique de Sayyed Hassan Nasrallah, en tant qu’acteur de la nouvelle civilisation, « découle de l’interaction dynamique entre trois éléments essentiels ».
Premièrement, les conditions et les crises structurelles qui ont créé à la fois des défis et des opportunités pour un leadership transformationnel ; ces facteurs incluent l’incapacité des structures étatiques traditionnelles à traiter les griefs fondamentaux, l’existence de vides géopolitiques, les aspirations à la résistance contre les injustices, et la recherche de modèles de gouvernance islamiques authentiques répondant efficacement aux défis contemporains tout en préservant l’authenticité culturelle.
Deuxièmement, des capacités individuelles exceptionnelles : la vision stratégique, les compétences de communication, l’intelligence émotionnelle, l’autorité morale et la capacité de prendre des décisions dans des conditions d’incertitude.
Troisièmement, les liens émotionnels et idéologiques profonds entre le leader et ses partisans, qui ont « renforcé l’identité collective et le but commun » ; ces mécanismes comprennent la construction de la confiance et la création de structures institutionnelles renforçant les engagements idéologiques par la prestation efficace de services.
L’étude indique qu’un mélange unique d’authenticité, de courage moral, de fidélité aux principes fondamentaux, d’intelligence tactique et de patience stratégique a permis à Sayyed Nasrallah de gagner une confiance large, non seulement parmi ses partisans directs, mais aussi au sein de sociétés plus vastes.
Elle souligne également plusieurs aspects innovants dans l’approche dirigeante de Nasrallah : se concentrer sur le renforcement des points forts du pouvoir plutôt que sur les points faibles, développer des capacités de leadership distribuées, mettre l’accent sur le développement intellectuel aux côtés des capacités militaires, et la capacité de bâtir des alliances transconfessionnelles malgré une environnement marqué par de profondes divisions sectaires.
Sur cette base, on peut dire que Sayyed Nasrallah est né leader, et qu’il a vécu depuis son enfance en se construisant lui-même pour conduire la nation. Il a perçu le vide de leadership au milieu de circonstances enflammées par des conflits existentiels et de destin, pour le combler par son esprit exceptionnel et sa personnalité hors du commun, pendant trois décennies.
Paradoxalement, son martyre a laissé un vide grand et profond dans le parcours de la confrontation, mais son héritage intellectuel doit demeurer une source d’inspiration et un modèle à suivre pour les décennies à venir.
Source : Abna/ traduit en français par Abdoulaye Diallo











