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Exclusif – Tasnim dévoile le texte final de l’accord-cadre entre Téhéran et Washington

29 mai 2026 : C’est une fuite qui pourrait bien redistribuer les cartes à quelques jours d’une signature attendue. L’agence de presse iranienne Tasnim s’est procuré ce qu’elle présente comme le texte final de l’accord-cadre négocié entre la République islamique d’Iran et les États-Unis. Ce document, dont l’authenticité n’a pour l’heure été ni confirmée ni démentie par les capitales concernées, dessine les contours d’un pacte destiné à solder plus d’une décennie de crise autour du programme nucléaire iranien.

Selon les termes du projet consulté par Tasnim, l’accord reposerait sur un engagement central : Téhéran n’enrichira pas d’uranium au-delà du seuil de 3,67 % pour une durée totale de quinze ans. En contrepartie, Washington et l’Union européenne procéderaient à une levée complète des sanctions économiques et financières liées au dossier nucléaire.

Un programme nucléaire strictement encadré

Le volet technique de l’accord prévoit des limitations drastiques de la capacité d’enrichissement iranienne. Le nombre de centrifugeuses serait plafonné, et les modèles les plus performants — les IR-6 et IR-8 — seraient intégralement démantelés sous supervision internationale. Téhéran ne conserverait que des centrifugeuses de première et deuxième génération (IR-1 et IR-2M), réduisant de fait sa capacité à produire rapidement de l’uranium hautement enrichi.

Le site souterrain de Fordo, longtemps au cœur des préoccupations occidentales, changerait radicalement de vocation. La principale salle d’enrichissement serait reconvertie en un centre dédié à la recherche nucléaire, médicale et technologique. Aucune activité d’enrichissement n’y serait autorisée, selon les termes du document.

Concernant le réacteur à eau lourde d’Arak, susceptible de produire du plutonium à usage militaire, le projet prévoit son redimensionnement avec l’assistance d’un consortium international. Le combustible usé serait systématiquement transféré hors du territoire iranien, afin de lever toute inquiétude sur un éventuel retraitement clandestin.

Transparence et mécanisme de sanction

Sur le volet de la vérification, l’Iran accepterait la mise en œuvre du Protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), offrant aux inspecteurs internationaux un accès élargi aux installations nucléaires du pays. Un mécanisme de rétablissement automatique des sanctions — dit « snapback » — serait également intégré au texte, actionnable en cas de manquement avéré aux engagements pris.

En échange, la fin de l’asphyxie économique

La contrepartie pour Téhéran est à la hauteur des concessions consenties. L’accord stipule que les États-Unis et l’Union européenne lèveraient l’intégralité des sanctions économiques et financières imposées en lien avec le programme nucléaire iranien. Cela inclurait les restrictions visant le secteur bancaire, les exportations pétrolières et les échanges commerciaux, ouvrant la voie à une réinsertion complète de l’Iran dans le système financier international.

Une fuite aux intentions politiques ?

La publication de ce document par Tasnim, agence réputée proche des cercles conservateurs iraniens, soulève des interrogations. Intervenant à un stade avancé des discussions, cette fuite pourrait viser à exposer le contenu de l’accord au débat public iranien avant toute validation officielle, dans un contexte où les opposants à un rapprochement avec Washington restent influents au sein du régime. À ce stade, ni le ministère iranien des Affaires étrangères ni le Département d’État américain n’ont réagi à ces révélations.

Les prochains jours diront si ce document est bien la version finale qui attend sa signature, ou une ultime manœuvre dans une négociation qui n’a jamais cessé d’être politique.


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