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Amadou Diallo MALI: Éditorial: PRÉPARER L’ARRIVÉE DE L’ALBINOS NOIR…

Les militaires, ce sont les acteurs, professionnels conscients de la Grande Muette, institution qui requiert donc la totale discrétion, tant que parler ne sert pas à désorienter et dérouter l’ennemi. Les militaires ne parlent donc pas aux civils, fussent-ils des citoyens qu’ils gouvernent par certains temps. Mais ils leurs parlent souvent, par le langage dit des oiseaux, alors par euphémisme, euphorisme, énigme, sous-entendu, voire par ésotérisme, la bonne perception dépendant de l’intelligence de la nation qui ne demande qu’à être protégée. Il n’y a pas encore un mois plein, le langage militaire a été comme jamais captivant, amenant les populations à se poser des questions, exercice qui les tient en haleine et les dispose à être prêtes. Il nous faut être des citoyens intelligents, avec l’attention de la sentinelle particulièrement vigilante. L’AES est un espace convoité, aujourd’hui plus qu’hier, visé, dans les lignes de mire des psychopathes des richesses du sous-sol (or, uranium, lithium, pétrole…) ; ces ressources précieuses, comme Colin Maillard revenant au XXIème siècle, jouent avec les nerfs les démons du profit, qui n’hésiteront pas à larguer sur nos pauvres têtes des bombes plus puissantes que Little Boy, ou à épancher pire que le napalm sur nos villes campagnes afin de nous réduire en produits dignes des résultats du supplice des fours crématoires. Nos pauvres dirigeants, coupables alors de crimes de lèse-Puissances impérialistes, seront, eux, grillés dans les modèles top nouveau du Taureau d’airain. Pauvres de nous !
Mais nous ne désespérons pas de nous, nous n’avons pas à désespérer de nous-mêmes. « Il n’est pas possible de nous vaincre éternellement… », avait prédit avant sa mort le Doyen Dr. Seydou Badian, prédiction qui se révélera juste en moins de dix ans, d’ailleurs récemment portée au pinacle le général Malick Diaw, Président du CNT, à l’occasion de l’ouverture de la séance d’octobre 2025 de son institution, avec emphase, signe que nous sommes dans la certitude que nous allons tenir héroïquement face à toutes les hostilités. Il ne peut en être autrement ; ceux d’en face nous tiennent depuis des lustres pour quantités insignifiantes, à faire même disparaître au besoin comme les dinosaures, par un gigantesque cataclysme. Nous sommes bien avertis. Les militaires à la tête de l’AES ont émis les bons signaux ces dernières semaines, ils ont parlé, en langage d’oiseau. Au Mali, général Assimi Goïta a pleinement réussi l’organisation du défilé militaire à l’occasion de la célébration du 22 septembre, une manifestation patriotique qui avait tendance à se classer dans les pièces oubliées dans un coin de musée. Le défilé militaire du 22 septembre dernier signifia, entre autres messages, que les impertinents envahisseurs, d’où qu’ils viennent et d’où qu’ils passent, ne peuvent s’en prendre au Mali comme s’ils venaient en promenade de santé ou en villégiature. Le 30, lendemain de la clôture de la 80ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, général Aboudramane Tiani arrive à Bamako pour un déplacement qu’il croyait se dérouler « sur la pointe des pieds », c’est-à-dire dans la discrétion absolue. Mais l’affaire est éventée, tant mieux car les citoyens de l’AES ont compris que les lignes bougent et que ce qui l’a fait déplacer est motivé par quelque de chose de hautement sérieux, qui nécessite prévention, de coordination, de réglage, de militaire. Il se rendra au Burkina Faso, toujours au pas de charge, puis regagne Niamey. Aussitôt, il entame des visites à l’intérieur du Niger, parle aux populations, et il accorde des interviews. Dans une de celles-ci, commentant l’inintelligente action militaire française au Bénin, il a ces mots : « La France n’a pas de profondeur stratégique… » et de rappeler la déculottée subie par la France en 1944 quand les troupes nazies brisent la fameuse ligne Maginot en passant par les Ardennes. Le message vaut son pesant d’or : ne soyons pas effrayés, ils ne sont pas plus militaires savants que nous.

C’est à la lumière de cette assurance qu’il nous faut comprendre l’apparition prochaine de « l’Albinos noir » annoncée par capitaine Ibrahim Traoré, et préparer cette arrivée. Nul besoin de nous perdre en conjectures sémantiques et définitions médico-dermatologiques. Capitaine Ibrahim Traoré a terminé en disant : « Ne m’en demandez pas plus, vous verrez. Bientôt, la guerre va finir… » Notre victoire éclatante, l’albinos noir que l’on n’a pas vu souvent dans l’histoire des confrontations militaires et dans les nouvelles formes de guerre.

Amadou N’Fa Diallo

Source : journal Le National n° 727 du lundi, 13 octobre 2025.

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