La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ne fléchit pas. Réunis en sommet les 18 et 19 juillet à Freetown, en Sierra Leone, les chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de lancer la monnaie unique régionale, l’eco, en 2027. Une déclaration qui se veut rassurante, mais qui tranche avec la réalité économique d’une région en proie à de profondes turbulences.
Car sur le papier, les chances de tenir ce calendrier sont infimes. Pour adopter la future devise, les États membres doivent respecter des critères de convergence stricts durant trois années consécutives : un déficit budgétaire sous la barre des 3 % du PIB, une inflation limitée à 10 % et une dette publique inférieure à 70 % du PIB. Des exigences que seule une poignée de pays a réussi à satisfaire en 2025. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Togo et le Cap-Vert composent ce club très fermé, laissant sur le banc de touche les poids lourds de la région, notamment le Nigeria et le Ghana.
Ce nouvel engagement en faveur de l’eco intervient dans un contexte explosif. La région fait face à une instabilité politique croissante, marquée par le retrait annoncé de trois pays sahéliens de l’organisation – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – et une crise sécuritaire persistante. Ces fractures menacent directement l’architecture même de la Cedeao, rendant la perspective d’une union monétaire encore plus hypothétique.
Malgré ces obstacles, l’organisation persiste. Ce forcing diplomatique illustre la tension entre une ambition politique vieille de plusieurs décennies et la dure réalité du terrain.








