Il n’est plus si jeune, il est dans la cinquantaine et il se trouve au cœur du dispositif communicationnel d’une grande entreprise nationale. Quand nous avons sollicité de grandes et sincères prières au profit de Madani Dravé, jeune officier des Forces armées nationales fraîchement nommé Directeur général de l’EDM-sa, il a été très content. « Les grandes entreprises doivent être des tremplins », s’exclama-t-il. En effet, les grandes entreprises- un centre national leur est consacré- sont pour l’Etat et la nation comme des édifices stratégiques. La République s’équilibre sur leurs piliers et, si par malheur elles sont mal gérées ou traversées par des dysfonctionnements qui ne doivent pas être, elles peuvent s’effondrer sans crier gare, entraînant dans leur affaissement tout l’espoir national, toute l’espérance économique, sociale et même historique. Les grandes entreprises, comme d’ailleurs les moyennes et les petites, ne viennent jamais de rien. Elles naissent toujours des nécessités qui justifient la volonté d’aller en avant (incitations pour une économique plus performante, les emplois, la prospérité, le bonheur pour le plus grand nombre…).
Au moment où l’EDM-sa demeure dans l’œil du cyclone, où la CMDT patauge et semble avoir perdu ses bons nerfs pour éviter de tomber incognito chaque fois qu’elle veut reprendre la bonne chevauchée qui a été longtemps sa marque, des nouvelles peu rassurantes sont entendues sur la SMDT (Société Malienne de Diffusion et de Transmission). La SMDT râlerait, c’est sagesse de le dire ainsi. En tout cas, selon les deux principaux sens du verbe utilisé avec prudence, elle ne se porte pas au mieux de sa forme : sa respiration la montre en lente agonie ou ses travailleurs, avec désespoir, murmurent beaucoup et finiront par donner de la voix. Ces derniers sont quasiment au bord du désespoir en raison des perspectives très sombres, voire incompréhensibles. Les grandes difficultés pointées du doigt seraient la mauvaise gouvernance et l’absence de vision stratégique. Comme si de telles tares ne suffisaient pas à jouer de vilains tours à la société, viennent alourdir la situation inquiétante des recrutements massifs sans planification, ni stratégie. Pourtant, des ressources humaines, compétentes et expérimentées, sont légion dans la boîte. Et l’incompétence de certains cadres dirigeants (DAF, DRH, direction commerciale, etc.) serre fortement l’entreprise à la gorge. Des affairistes notoires, connus de tous, mènent toujours une activité des plus illicites : la livraison de services sans supports contractuels. Last but not the least, la prise en charge de la diffusion de l’ORTM sans contrepartie équivalente constitue un goulot d’étranglement mortel, comme les factures impayées que nombre d’entités étatiques doivent à l’EDM-sa. Conséquence immédiate de cette incurie cancéreuse, la perte de motivation chez les employés, leur absentéisme même. Bref, la SMDT doit avoir, dans l’urgence, une thérapie de choc pour lui administrer un remède de cheval. La fin de l’année est dans trois mois. Cette période est généralement propice à la tenue des conseils d’administration, donc des occasions pour procéder à des diagnostics précis. Serait-ce le cas pour la SMDT au cœur des angoisses ? En attendant la réponse à cette question préoccupante, il faut rappeler que la SMDT est née de la reforme du secteur de l’audiovisuel qui a enfanté l’ORTM- ex-RTM- et elle. Ce fut un laborieux travail qui a nécessité l’élaboration du Plan Directeur de développement des Télécommunications et de la Radio-Télévision du Mali sur vingt (20) ans. Une équipe d’au moins 150 experts venant de tous les pays du monde y ont consacré des trésors d’intelligence, d’énergie et de vision. Non, la SMDT ne doit pas râler comme Batouala de Réné Maran, nous y reviendrons.
Amaddou N’Fa Diallo
Source : journal Le National n° 725 du vendredi, 03 octobre 2025.











