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Hezbollah : « Nous traiterons la décision du gouvernement sur le monopole des armes comme si elle n’existait pas »

Le Hezbollah accuse le gouvernement du président Nawaf Salam d’avoir commis une « grave erreur » en décidant de monopoliser les armes, affirmant que cette mesure affaiblit la capacité du Liban et sa position face à la poursuite de l’agression israélo-américaine.

 

Dans un communiqué, le Hezbollah a déclaré que cette décision revient à priver le Liban de l’arme de la résistance face à l’ennemi israélien, ce qui constitue une « faute majeure ».

 

Le parti a souligné que cette démarche affaiblit la capacité du Liban à se défendre et sa position face à l’agression israélo-américaine continue, et qu’elle permet à « Israël » d’obtenir ce qu’elle n’a pas pu réaliser lors de son agression contre le Liban, lorsque la résistance l’a affrontée dans la bataille des « Hommes de courage », qui a abouti à un accord obligeant « Israël » à cesser son agression et à se retirer.

 

« Une violation manifeste du pacte national »

 

Le Hezbollah a affirmé que cette décision constitue une « violation manifeste du pacte national », en plus d’être contraire à la déclaration ministérielle du gouvernement, qui stipule dans son cinquième paragraphe l’engagement, conformément à l’accord de Taëf, à prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer l’ensemble des territoires libanais occupés par Israël et étendre la souveraineté de l’État sur l’ensemble de ses terres exclusivement par ses propres moyens, notamment par le déploiement de l’armée libanaise sur les frontières reconnues internationalement.

 

Le communiqué ajoute que « préserver la force du Liban et l’arme de la résistance fait partie de la force du pays », et que « renforcer et armer l’armée libanaise est l’une des mesures nécessaires pour expulser l’ennemi des terres de l’État, les libérer et les protéger ».

 

Le Hezbollah précise que cette décision résulte de pressions directes du représentant américain Thomas Barrack, comme cela a été explicitement mentionné dans les délibérations du Conseil des ministres, où le président Salam a annoncé que le Conseil « a décidé de poursuivre la discussion sur le document américain jeudi prochain, et de charger l’armée libanaise d’élaborer un plan d’application pour le monopole des armes avant la fin de l’année », ce qui « sert pleinement les intérêts d’Israël et expose le Liban à l’ennemi sans aucun moyen de dissuasion ».

 

« Le Hezbollah traitera la décision comme si elle n’existait pas »

 

Le Hezbollah indique que le gouvernement a ignoré l’engagement du président de la République, le général Joseph Aoun, qui avait affirmé dans son discours d’investiture son intention d’inviter les Libanais à discuter d’une politique de défense intégrée dans le cadre d’une stratégie de sécurité nationale englobant les dimensions diplomatiques, économiques et militaires, « afin de permettre à l’État libanais de mettre fin à l’occupation israélienne et de repousser son agression sur l’ensemble des territoires libanais ».

 

Mais « ce que le gouvernement décide aujourd’hui s’inscrit dans une stratégie de capitulation et compromet clairement les fondements de la souveraineté nationale », selon le communiqué.

 

Le Hezbollah précise que le retrait de ses ministres et de ceux du mouvement Amal de la séance gouvernementale « était une expression claire du rejet de cette décision, et du rejet de la résistance, qui représente des segments importants de la société libanaise dans ses différentes régions, confessions et partis », et qu’il « reflète un rejet populaire large de la soumission du Liban à la tutelle américaine et à l’occupation israélienne ».

 

Le parti insiste sur le fait que cette décision « compromet la souveraineté du Liban » et « donne à Israël les mains libres pour manipuler sa sécurité, sa géographie, sa politique et son avenir », affirmant qu’il traitera cette décision « comme si elle n’existait pas ».

 

« Le Hezbollah est ouvert au dialogue »

 

En revanche, le Hezbollah a exprimé son ouverture au dialogue, à la fin de l’agression israélienne contre le Liban, à la libération des terres, à la libération des prisonniers, au travail de construction de l’État et à la reconstruction des zones détruites par l’agression, déclarant sa disposition à discuter d’une stratégie de sécurité nationale, mais pas sous le feu de l’agression.

 

Le communiqué du Hezbollah conclut en affirmant que la priorité du gouvernement doit être « de prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer l’ensemble des territoires libanais de l’occupation israélienne », comme stipulé dans sa déclaration ministérielle.

 

Le parti s’est adressé aux partisans de la résistance en disant : « Ce n’est qu’un nuage d’été qui passera, si Dieu le veut. Nous avons l’habitude de patienter et de triompher. »

 

> À noter que le Premier ministre libanais Nawaf Salam a annoncé mardi avoir chargé l’armée d’élaborer un plan visant à monopoliser les armes au sein de l’État d’ici la fin de l’année, et de le présenter au Conseil des ministres avant le 31 août.

 

Source : Al-Mayadeen

 

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